'Quelques faits sur l’événement de KIRI
1) Jeudi le 24.04.2008 le conseil de discipline a décidé le renvoi de 15 élèves de la 2èmeB ayant commis d’autres griefs en dehors de la corruption commise par toute la classe. Les 11 autres n’ayant que la corruption comme grief devaient écoper une exclusion de 7 jours avec fabrication des briques. Cfr P.V en annexe.
2) Samedi le 26.04.2008, la décision est rendue publique et ces élèves reçoivent leurs dossiers.
3) Dimanche le 27.04.2008, les parents de ces élèves renvoyés vont parler avec l’Abbe Curé pour lui demander que l’école reprenne leurs enfants ou qu’elle exclue toute la classe.
4) Lundi 28.04.2008, le Curé parle avec l’Abbe Coordinateur diocésain qui entérine la décision du conseil de discipline.
- Le même jour avec 9h30, 11 parents font irruption dans la préfecture où ils demandent à la sœur préfet le motif du renvoi de leurs enfants. Celle-ci prend le cahier de discipline pour lire le motif pour chaque élève. A l’unanimité tous les parents refusent, vocifèrent et profèrent des menaces contre la sœur. Ils disent qu’ils ne sont venus que pour deux alternatives : ou toute la 2èmeB est renvoyée ou leurs enfants reprennent les cours. Au cas contraire la sœur mettrait sa vie en danger et tout ce qu’elle encourraient serait à ses risques et péril. Ils réclamaient aussi que leur école soit dirigée par un laïc car les religieuses, exagèrent les lois.
- Vers 11h45 : deux membres de la société civile et un du clat viennent s’enquérir sur la situation auprès de la sœur préfet. Ils lui promettent de dissuader ces parents rebelles.
5) Mardi 29.04.2008 : l’un des membres de la société civile vient informer la sœur préfet de l’incompréhension qui a régné dans leur discussion avec ces parents. Il ajoutera qu’il était bon de tenir une réunion l’après-midi avec l’Abbe Curé.
- Vers 11h00, l’homme du CLAT vient à la préfecture faire part de la tension qui regnait à la cité à la sœur préfet. Il invita celle-ci à la prudence et lui demanda de porter plainte car elle courait un danger avec ses consoeurs.
- La sœur en fait part à l’Abbe Curé et celui-ci invite la police qui vient monter la garde cet après midi. Il demanda à la sœur préfet de ne pas participer à la réunion.
- L’après midi, avant la réunion, les parents réunis à côté de la salle paroissiale décident d’infliger des coups aux sœurs Pélagie et Rosalie, respectivement directrice de discipline et préfet des études. A leur entrée dans la salle, Mr KITOKO a commencé à menacer la sœur Pélagie, Mr l’Abbe intima à celle-ci l’ordre de retourner au couvent.
Lors de la réunion, ils se sont convenus qu’ils devaient demander au gouverneur de casser cette décision, lui étant le seul habileté à le faire. Espérant une acalmie en attendant la réponse, les policiers retournèrent chez eux.
- La nuit du même jour càd ; après le départ des policiers, le couvent était entouré de tous ces mécontents qui voulaient y lancer des pierres. Heureusement qu’il y a eu un groupe de gens qui a organisé la contre-offensive. Mais nous on entendait quelques jets de pierres ainsi les injures et menaces qu’ils proféraient. Ils disaient qu’ils allaient piller, violer les sœurs et depaisser la sœur préfet.
Ils disaient que la police ne pouvait rien contre eux parce qu’elle n’a rien pu à BOKORO, à TAKETA et à d’autres villages auxquels ils emboîtaient les pas.
6) Le Mercredi 60.04.2008 : de connivence avec l’Abbe Curé, les sœurs décident de quitter KIRI afin d’éviter le pire après la réponse tant attendue du gouverneur.
Enfin quelle est la place de notre gouvernement dans l’Eglise
lundi 19 mai 2008
mercredi 14 mai 2008
GLODY LOMATA NKUMU

Présentation।
Je suis né le 18/05/1991 à KinshasaMon père s’appelle SAMPA LOMATAMa mère TITI BAYOKOJe suis en 4ème BiochimieJe fais mon école primaire à Saint raphaelEt le 1ème Co, 2ème Co, 3ème à L’institut Bobokoli(frère mariste) à binza delvaux.Et la 4ème Biochimie et 5ème à Inongo (2007-2008).
Vie
Je suis supporté par mon oncle.Pour le moment je suis à inongo à l’internat, je viendrai à Kinshasa mais la date ne pas connus.
Remerciement
A gloire bopete, Betty bopete, falonne bopete, louis bopete,nadege mone, bene badjoko, joel badjoko, nadege badjoko, coco badjoko, clemence ngoy, abbé charle mpia nkuka, maître ismael, Nene, inesse,berty,herman, timon, elvis musoga, abbé charles mpia nkuka, Sr mbo clementine, sakis , mputu, Yves Mbolule afin à merveille rwanoga.
Terroriste: OUSSAMA BEN LADEN

Oussama Ben Laden
Naissance: 10 mars 1957 à Riyad
Nationalité:Arabie saoudite
Occupation:Fondateur du réseau terroriste Al-Qaida.
Formation: Études commerciales, techniques et religieuses à l'université de Djeddah
Famille: 53 demi-frères et demi-sœursA une vingtaine d'enfants.
Naissance: 10 mars 1957 à Riyad
Nationalité:Arabie saoudite
Occupation:Fondateur du réseau terroriste Al-Qaida.
Formation: Études commerciales, techniques et religieuses à l'université de Djeddah
Famille: 53 demi-frères et demi-sœursA une vingtaine d'enfants.
Oussama Ben Laden (Usāmah bin Muhammad bin `Awad bin Lādin, أسامة بن محمد بن عوض بن لادن ), originaire du Yémen, né le 10 mars 1957 à Riyad en Arabie saoudite est le chef et fondateur du réseau terroriste Al-Qaida. Il est particulièrement connu comme étant, en tant que chef de ce réseau, commanditaire présumé des attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis.
Le FBI le désigne comme "le terroriste le plus recherché au monde". Toujours selon la justice, Oussama Ben Laden est connu sous plusieurs pseudonymes dans les milieux terroristes, dont « le Prince », « l'Émir », « Abou Abdallah », « Moudjahid Cheikh », « Hajj », « le directeur ».
S'il a pu être considéré comme un héros par certaines populations et à certains moments[1], il est très loin de faire l'unanimité parmi les musulmans. Al-Qaida ne fait non plus l'unanimité parmi les mouvements terroristes ou islamistes militarisés : par exemple, il est accusé par le Hezbollah de faire le jeu de l'administration américaine et ses actions de porter préjudice à l'islam[2]. L'ex-secrétaire général de la Commission Islamique d’Espagne a édicté une fatwa à son encontre[3].
Une jeunesse dorée
Ben Laden est issu d'une riche famille d'Arabie saoudite, originaire du Yémen. Son père Mohammed a réussi à bâtir un empire dont le fleuron est la Bin Laden Construction group, une importante entreprise de bâtiment et travaux publics détentrice de nombreux contrats d'exclusivité avec le gouvernement saoudien. La proximité avec la famille royale (famille princière Ibn Saoud) participe à la fortune de l'entreprise qui, devenue une des premières entreprises de construction au monde, se diversifie et devient le Saudi Binladin Group[4] aux nombreuses ramifications. Parmi elles, la Bin Laden Telecommunications, devenue depuis 1999 la Baud Telecom Company (BTC Networks)[5].
Oussama Ben Laden a 53 demi-frères et demi-sœurs (de plusieurs mères). Lui-même a une vingtaine d'enfants.
Le jeune homme fait des études commerciales et techniques à l'université de Djeddah en Arabie saoudite, puis il intègre le groupe familial vers le milieu des années 1970.
Il étudie à cette période les textes principaux du salafisme, principale école de droit musulman en Arabie saoudite, comme le font la plupart des étudiants saoudiens.
1979 - 1989 : contre l'ennemi commun
En 1979, alors que des membres de sa famille sont impliqués dans la prise de la Grande Mosquée de la Mecque, il est approché par le prince Turki Al Fayçal, alors chef des services secrets de l'Arabie saoudite (de 1977 à 2001), actuel ambassadeur d'Arabie saoudite à Londres, et fils de l’ancien roi Fayçal ben Abdel Aziz Al-Saoud (de 1964 à 1975). À l'époque, le régime du Shah d'Iran vient d'être renversé par une révolution qui porte à sa tête l’ayatollah Khomeini, tandis que l'URSS envahit l'Afghanistan quelques mois plus tard. L’islamisme commence à devenir une force géopolitique importante, remplaçant peu à peu le marxisme et le panarabisme comme principale idéologie populaire au Moyen-Orient. De nombreux moudjahidins viennent combattre en Afghanistan contre l'URSS, soutenus par l'Arabie saoudite qui y voit une possibilité de diffusion du wahhabisme, le Pakistan via son Inter-Services Intelligence qui se verrait à terme à la tête d'une future internationale islamique et la CIA.
Le prince saoudien Turki demande à un Ben Laden enthousiaste d'organiser le départ des volontaires pour l'Afghanistan et leur installation à la frontière pakistanaise. En arrivant sur place, le jeune homme découvre des militants motivés, mais très peu organisés. L'amateurisme règne. Ben Laden coordonne l'arrivée des militants à Peshawar via une organisation appelée « Bureau des services ». Il met en place une véritable organisation et assure la formation militaire et idéologique des combattants (camps d'entraînement, mosquées, écoles, etc.) ainsi que l'approvisionnement en armes. Peu à peu, il prend en charge les familles. Il s'occupe des veuves et de l'éducation religieuse des enfants. L'organisation devient alors une véritable fraternité et une nouvelle force politique dans un Afghanistan déjà morcelé.
C'est ainsi que le jeune homme timide prend de l'assurance, tandis que son prestige grandit. On dit que sa rencontre avec un ressortissant indien extrêmiste au pseudonyme de M.Fantome aurait été en partie déterminante dans l'évolution de sa personnalité et de sa détermination. Il aurait lui-même participé à quelques combats[6]. En 1989 son mentor et ami, le Palestinien Abdallah Youcef Azzam, est assassiné. Oussama Ben Laden se retrouve alors à la tête de l'organisation. Elle est la base d'Al-Qaida, qui se transforme bientôt en logistique du djihadisme international, certains vétérans d'Afghanistan partant ensuite combattre sur d'autres fronts (en Tchétchénie, en Yougoslavie, etc.) Durant toute cette décennie, Ben Laden rend régulièrement compte au prince Turki, effectuant de nombreux voyages en Arabie Saoudite.
L'organisation de Ben Laden ne reste néanmoins, à l'époque, que l'une des nombreuses factions existant en Afghanistan, pays obéissant davantage à des logiques tribales qu'idéologiques. Alors que dans beaucoup de régions afghanes, une version modérée de l'islam est respectée, beaucoup de moudjahiddins se méfient de la venue d'étrangers véhiculant le salafisme. Le commandant Massoud, notamment, refuse toute alliance. Oussama Ben Laden se rapproche alors de Gulbuddin Hekmatyar, un chef fondamentaliste local et « principal bénéficiaire, selon Noam Chomsky, des 3,3 milliards de dollars d'aide (officielle) des États-Unis aux rebelles afghans (un montant à peu près équivalent étant, dit-on, fourni par l'Arabie saoudite) » [7]. Hekmatyar est aussi, à l'époque, soutenu par le Pakistan qui voudrait le voir à la tête du pays après le départ des Soviétiques.
En février 1989 les Soviétiques annoncent leur retrait d'Afghanistan. Les djihadistes veulent poursuivre le combat jusqu'à la prise du pouvoir à Kaboul. Cependant, les États-Unis qui ont atteint leur objectif, et l'Arabie saoudite, stoppent le financement et le soutien logistique massif.
1989 - 1993 : la rupture
Oussama Ben Laden se sent trahi, mais à son retour en Arabie saoudite, il est considéré en héros. Il organise des conférences dans les mosquées, dans les écoles, à l'université sur son « djihad » contre l'armée soviétique.
Lors de la Guerre du Golfe (1990-1991), Oussama Ben Laden propose au roi Fahd d'utiliser sa milice pour défendre le pays contre une éventuelle invasion des troupes irakiennes. Ce dernier refuse et préfère ouvrir son territoire à l'armée américaine, prêtant ainsi le flanc à l'accusation selon laquelle il aurait autorisé les « infidèles » à « souiller le sol sacré » de l'Arabie saoudite. Ben Laden se fait alors de plus en plus critique vis-à-vis de la famille royale, et va jusqu'à accuser les princes de corruption. En 1994, il est déchu de la nationalité saoudienne.
Pressé de quitter le pays, il se rend alors à Khartoum, au Soudan, où il est accueilli par Hassan al-Tourabi, qui dirige le Front national islamique soudanais (FNI). Il s'installe dans le pays, y investit et fait quelques affaires (routes, exportations agricoles, acquisitions foncières, activités bancaires en accord avec les principes de la banque islamique).
Il reste cependant en relations discrètes avec certains membres du régime saoudien (la famille royale est en effet peu unie). De même, il aurait gardé des relations avec la CIA ; son nom de code aurait été « Tim Osman ».
1993 - février 1996 : les années troubles
La même année, un attentat touche le World Trade Center, et fait 6 morts. Un groupe lié à Oussama Ben Laden est soupçonné. Cependant, l'enquête du FBI aurait été freinée par la CIA .
Oussama Ben Laden profite en effet de la politique d'une partie de l'administration Clinton, soutenue par le lobby pétrolier. Celle-ci a plusieurs objectifs : le soutien à des régimes stables en Asie centrale afin de permettre l'acheminement du pétrole, la lutte contre l'influence russe dans la région et une politique résolument engagée contre l'Iran chiite. Pour cela, il faut soutenir l'islamisme sunnite issu notamment du Pakistan et de l'Arabie saoudite . C'est pourquoi Oussama Ben Laden n'est pas perçu uniquement comme une menace . Cependant, cette stratégie est infléchie dans les derniers temps du mandat de Bill Clinton.
Le 26 mai 1995, Al-Qaida est soupçonné d'avoir participé à 'une tentative d’assassinat contre le Président égyptien Hosni Moubarak
En février 1996, Oussama Ben Laden lance un appel à attaquer les intérêts américains partout dans le monde. Il devient dès lors un ennemi officiel des États-Unis, qui obtiennent son expulsion du Soudan. Il se réfugie alors en Afghanistan, passé sous contrôle des talibans depuis 1996.
Depuis 1996 : le terrorisme de masse, la traque et la communication
Le premier mandat d'arrêt lancé sur sa personne date de mi-avril 1998 et il émane d'Interpol à la demande de la Libye suite à l'assassinat en 1994 sur son sol d'un couple de citoyens allemands, les Backer, des agents secrets de l'Office fédéral de protection de la constitution[10] (Bundesamt für Verfassungsschutz/BfV). Depuis lors, l'Espagne et les États-Unis ont également demandé des notices rouges sur lui à Interpol .
Les États-Unis le tiennent pour responsable des attentats à la bombe dirigés contre les ambassades américaines de Nairobi au Kenya (213 morts dont huit Américains) et de Dar es Salaam en Tanzanie (onze morts, tous Tanzaniens) le 7 août 1998.
Une preuve tangible de la forte présence de l'ISI en Afghanistan a été donnée par la protestation officielle pakistanaise lors du bombardement américain de représailles par missiles de croisière contre les camps dirigés par Ben Laden le 12 août 1998 qui tua cinq officiers de ce service [12].
En 1999, deux colonels de l'armée chinoise le citent abondamment dans leur livre La Guerre hors limites où il est désigné comme un grave péril futur[13].
Épaulés par le Pakistan, les États-Unis négocient avec les talibans, qui soufflent le chaud et le froid. Les attentats du 11 septembre 2001 stoppent brutalement cette négociation.
Depuis 2001, le gouvernement américain offre 25 millions de dollars pour toute information conduisant directement à sa capture, et une prime additionnelle de deux millions de dollars est offerte conjointement par la « Air Line Pilots Association » et la « Air Transport Association » . À chaque agression, Ben Laden se réjouit des attentats, mais ne les revendique pas. À partir de ce moment, les États-Unis veulent officiellement Ben Laden « mort ou vif ».
En août 2001, le prince Turki est limogé par le régime saoudien.
Oussama Ben Laden est considéré par les pays occidentaux comme le principal responsable des attentats du 11 septembre 2001 contre le World Trade Center et le Pentagone. Il n'a lui même jamais revendiqué les attentats contre le World Trade Center du 11 septembre 2001 bien qu'il se soit félicité de leur tenue.
La chaîne qatarie Al-Jazira publie le 12 novembre 2002 un message sonore reconnu par les autorités des États-Unis comme provenant d'Oussama Ben Laden. Celui-ci met en garde et menace plusieurs pays occidentaux de nouveaux attentats s'ils continuent à soutenir « le gang des bouchers de la Maison Blanche ».
Après les attentats du 11 septembre 2001, le président des États-Unis George Walker Bush déclenche une guerre en Afghanistan dans le but déclaré d'anéantir Al-Qaida. Ben Laden échappe toujours totalement à ses poursuivants. La CIA pense qu'il se cache dans les régions tribales au nord-ouest du Pakistan. Selon l'IDIAP Research Institute de Martigny en Suisse au moins un des messages de Ben Laden authentifiés par la CIA (celui du 12 novembre 2002) serait un faux.
Le 30 octobre 2004, une vidéo diffusée par la chaîne d'information en arabe Al-Jezira quatre jours avant les élections présidentielles aux États-Unis tendrait à montrer qu'Oussama Ben Laden est toujours en vie au moment de l'enregistrement malgré les rumeurs persistantes de décès dans les montagnes à la frontière de l'Afghanistan et du Pakistan. Ce dernier renvoie dos à dos les deux candidats et annonce de futurs attentats. Il affirme que contrairement à la thèse de dirigeants américains, son but n'est pas de lutter contre la liberté, auquel cas il se serait attaqué à des États nordiques. Il estime que les attaques contre le World Trade Center sont une mesure de rétorsion contre les « tueries » organisées par les militaires américains.
Le 27 décembre 2004, la chaîne de télévision Al-Jezira a diffusé un enregistrement audio, attribué à Oussama Ben Laden, désignant le Jordanien Abou Moussab al-Zarqaoui comme son adjoint en Irak et appelant à un boycott des élections prévues le 30 janvier 2005.
Le 19 janvier 2006, après un an de silence, Al-Jezira diffuse un nouvel enregistrement audio où Oussama Ben Laden annonce la préparation de nouvelles opérations terroristes et propose une « trêve » en échange d'un retrait des troupes américaines en Irak et Afghanistan : « Nous n'avons pas d'objection à vous offrir une trêve (hudna) de longue durée dans des conditions justes que nous respecterons, parce que nous sommes une nation à laquelle Dieu interdit la traîtrise et le mensonge ». Une trêve aussitôt refusée par la Maison Blanche. L'absence d'images alimente de nouvelles spéculations selon lesquelles Oussama Ben Laden serait malade ou blessé et peut-être même mort.
Dans un autre enregistrement audio diffusé le 23 avril, Oussama Ben Laden évoque pour la première fois la situation au Soudan en appelant ses partisans à « se préparer à une guerre de longue durée au Darfour ».[réf. nécessaire]
Deux nouveaux enregistrements audio attribués à Oussama Ben Laden sont diffusés le 23 mai et le 30 juin : le premier disculpe Zacarias Moussaoui après sa condamnation à perpétuité dans le cadre des attentats du 11 septembre 2001 et le second rend hommage à Abou Moussab Al-Zarqaoui tué dans un raid américain à Bakouba le 7 juin 2006.
Le 7 septembre 2007, la chaîne Al-Jazira diffuse, quelques jours avant le sixième anniversaire des attentats du 11 septembre 2001, des extraits d'une vidéo d'Oussama Ben Laden, la première depuis près de trois ans[15]. Le chef d'Al-Qaida, dont la voix a été officiellement identifiée par les services de renseignements américains, s'adresse aux États-Unis et évoque la situation actuelle en Irak[16]. Ben Laden y mentionne les noms du président français Nicolas Sarkozy, élu en mai 2007, ainsi que le Premier ministre anglais Gordon Brown qui a succédé à Tony Blair en juin de la même année.
Organisation
Oussama Ben Laden a besoin de recruter des personnes prêtes à se sacrifier. Il utilise pour cela le ressort religieux.
Le choix de cibles particulièrement spectaculaires, dans le cadre de ses opérations terroristes, montre tant un sens de la préparation tactique que de l'utilisation des médias.
Concernant la conceptualisation du terrorisme et le volet « idéologique » d'Al-Qaida, le « cerveau » est Ayman al-Zawahiri. [17] Ben Laden se serait contenté de financer les attentats du 11 septembre, et l'opération aurait été proposée et orchestrée par Khalid Cheikh Mohammed, selon les aveux de ce dernier et les conclusions du rapport final de la Commission nationale sur les attaques terroristes contre les États-Unis. [18] Une vidéo diffusée par Al-Jazira le 7 septembre 2006 montrerait cependant Ben Laden et ses lieutenants, dont Mohammed Atef (mort en Afghanistan en novembre 2001), préparant les attentats du 11 septembre.
Al-Qaida fonctionne comme une franchise du terrorisme islamiste. Des groupes comme celui d'Abou Moussab Zarqaoui en Irak ou ceux responsables des attentat de Bali, attentats du 16 mai 2003 à Casablanca, attentats du 11 mars 2004 à Madrid, Istanbul, attentats du 7 juillet 2005 à Londres ou attentats du 23 juillet 2005 à Charm el-Cheikh, se revendiquent d'Al-Qaida mais ont une existence autonome. Il n'y a pas de hiérarchie pyramidale, on parle plutôt d'une nébuleuse. L'organisation d'Oussama Ben Laden aurait ainsi financé de nombreux groupes terroristes islamistes sans s'impliquer dans leur fonctionnement.
La transmission du message médiatique est une méthode fondamentale pour Oussama Ben Laden. Les cassettes enregistrées et diffusées, souvent par la chaîne Al Jazira en exclusivité, poursuivent plusieurs objectifs :
maintenir la psychose du terrorisme dans les démocraties occidentales, parfois en s'immisçant dans le jeu politique comme lors des élections américaines en 2004.
rappeler son existence aux opinions publiques des pays musulmans en abordant des thèmes qui les touchent, pour faciliter le recrutement d'Al-Qaida.
réactualiser les objectifs du djihad d'Al-Qaida.
On suppose que les cassettes de Ben Laden sont acheminées depuis sa cachette au Pakistan ou ailleurs, après un trajet long et compliqué, et ne sont diffusées que plusieurs jours ou semaines après l'enregistrement. Paradoxalement, cet isolement n'empêche pas l'exploitation des ressources de la mondialisation des communications.
Motivations
Ben Laden condamne l'évolution de la civilisation islamique depuis la suppression du Califat (le dernier calife était le sultan ottoman jusqu'en 1924) [19]. Cet objectif passe par un renversement des gouvernements arabes « laïcs » et « impies » protégés par les États-Unis. La plupart des actions terroristes revendiquées ou probablement exercées par Al-Qaida visent à déstabiliser ces régimes.
Parmi les positions politiques d'Oussama Ben Laden se retrouve la lutte contre ceux qu'il considère comme les « croisés occidentaux », en premier lieu les Américains. Ce fut l'une des raisons principales de son rejet par la famille royale d'Arabie saoudite. Lors de son interview[20] par le journaliste Robert Fisk en 1996, il avait notamment déclaré :
« Le peuple comprend maintenant les discours des oulémas dans les mosquées, selon lesquels notre pays est devenu une colonie de l'empire américain. Il agit avec détermination pour chasser les Américains d’Arabie saoudite. […] La solution à cette crise est le retrait des troupes américaines. Leur présence militaire est une insulte au peuple saoudien. »
Pour Oussama Ben Laden, les bases militaires présentes en Arabie saoudite ne sont pas acceptables. Il souhaite que la présence américaine au Moyen-Orient disparaisse, afin, selon sa rhétorique, de recouvrer la « liberté » du peuple musulman. Si en 1991 Oussama Ben Laden s'insurge contre le pouvoir royal saoudien qui accepte l'installation des militaires américains, c'est parce que le territoire saoudien est considéré comme sacré (avec les lieux saints Médine et La Mecque) et que la présence de troupes « infidèles » sur son sol natal est donc un sacrilège pour tout islamiste radical fondamentaliste. À l'origine ces bases américaines devaient être provisoires, le temps de remporter la guerre contre Saddam Hussein. Lors de la dernière guerre en Irak, l'état-major américain n'a pas fait partir l'offensive américaine d'Arabie saoudite, Riyad ayant refusé pour éviter des manifestations d'hostilité de la part des mouvances islamistes locales et à depuis fait retirer ses forces de ce pays.
Origines revendiquées du 11 septembre
Parmi les positions politiques d'Oussama Ben Laden se retrouve la lutte contre ceux qu'il considère comme les « croisés occidentaux », en premier lieu les Américains. Ce fut l'une des raisons principales de son rejet par la famille royale d'Arabie saoudite. Lors de son interview[20] par le journaliste Robert Fisk en 1996, il avait notamment déclaré :
« Le peuple comprend maintenant les discours des oulémas dans les mosquées, selon lesquels notre pays est devenu une colonie de l'empire américain. Il agit avec détermination pour chasser les Américains d’Arabie saoudite. […] La solution à cette crise est le retrait des troupes américaines. Leur présence militaire est une insulte au peuple saoudien. »
Pour Oussama Ben Laden, les bases militaires présentes en Arabie saoudite ne sont pas acceptables. Il souhaite que la présence américaine au Moyen-Orient disparaisse, afin, selon sa rhétorique, de recouvrer la « liberté » du peuple musulman. Si en 1991 Oussama Ben Laden s'insurge contre le pouvoir royal saoudien qui accepte l'installation des militaires américains, c'est parce que le territoire saoudien est considéré comme sacré (avec les lieux saints Médine et La Mecque) et que la présence de troupes « infidèles » sur son sol natal est donc un sacrilège pour tout islamiste radical fondamentaliste. À l'origine ces bases américaines devaient être provisoires, le temps de remporter la guerre contre Saddam Hussein. Lors de la dernière guerre en Irak, l'état-major américain n'a pas fait partir l'offensive américaine d'Arabie saoudite, Riyad ayant refusé pour éviter des manifestations d'hostilité de la part des mouvances islamistes locales et à depuis fait retirer ses forces de ce pays.
Origines revendiquées du 11 septembre
La Palestine et le Liban
Oussama Ben Laden utilise dans sa propagande la référence à l'occupation israélienne du Liban sud lors de l'« opération Paix en Galilée » en 1982. Il affirme avoir été affecté par les bombardements israéliens contre les réfugiés palestiniens au cours de la guerre du Liban.
« Je vous le dis, Allah sait qu'il ne nous était pas venu à l'esprit de frapper les tours. Mais après qu'il fut devenu insupportable de voir l'oppression et la tyrannie de la coalition américano-israélienne contre notre peuple de Palestine et du Liban, j'ai alors eu cette idée. Les évènements qui m'ont affectés de manière directe ont commencé en 1982, lorsque l'Amérique a permis aux Israéliens d'envahir le Liban et que la sixième division aérienne américaine les a aidés. Ce bombardement a commencé et a fait de nombreux morts et blessés, ainsi que des personnes terrorisées et réfugiées. Je ne pourrai pas oublier ces scènes, le sang, les membres déchiquetés, des femmes et des enfants gisant partout. Les maisons détruites ainsi que leurs occupants, des amoncellements de gravats sur leurs corps, des bombes qui pleuvaient sur nos maisons sans pitié. »
« Cette situation était comme un crocodile rencontrant un enfant sans défense. Est-ce que le crocodile peut comprendre une conversation qui n'inclurait pas une arme ? Et le monde entier a vu, et entendu, mais il n'a pas répondu. »
Oussama Ben Laden exploite un sentiment de rancœur chez une grande partie des musulmans de Palestine et du Moyen-Orient face à ce qui est ressenti comme une agression israélienne soutenue par les États-Unis. Il qualifie lui-même les opérations israéliennes de « tyrannie » et d’« oppression ».[21]
La première guerre d’Irak, et l’embargo
Ben Laden a présenté l'embargo économique contre l'Irak et les bombardements réguliers de ce pays entre les deux guerres, comme une preuve que les États-Unis, par l'intermédiaire de leur président George H. W. Bush, étaient des « assassins d'enfants ».[22]
L'embargo contre l'Irak aurait fait 500 000 morts parmi les enfants iraquiens, selon l'Organisation des Nations unies (ONU)[23].
Le 11 septembre
Cette « agression » est initialement pour Oussama Ben Laden une question religieuse : présence militaire en Arabie saoudite (profanation d'une terre sainte) et soutien à Israël qui occupe Jérusalem (lieu saint). La rhétorique sur la souffrance des Palestiniens ou des Irakiens est utilisée pour sensibiliser l'opinion du monde musulman à son combat mais n'est pas au centre des préoccupations d'Al-Qaida.
« Avec ces images en tête, les évènements du 11 septembre sont venus comme une réponse à ces terribles erreurs. Comment un homme pourrait-il être blâmé pour défendre sa maison ? Se défendre et punir l'agresseur est-il du terrorisme ? »
Ces actions terroristes, qui ont fait des victimes, sont condamnées par la plupart des musulmans. En effet, certains passages du Coran condamnent la mort d'innocents[24].
En outre, la présence indirecte américaine, incarnée par le soutien inconditionnel à l'État israélien, justifie pour Oussama Ben Laden, des attaques partout dans le monde des intérêts américains. À l'instar du « Pensez à l’échelle mondiale, agissez au niveau local » de Raymond Williams, Oussama Ben Laden applique la stratégie inverse en pensant localement et en agissant globalement[25].
Introduction du discours de Ben Laden, novembre 2004, vidéo diffusée sur Al-Jazeerah :
« Avant de commencer, je vous dis que la sécurité est un pilier indispensable de la vie humaine, et que les hommes libres ne compromettent pas leur sécurité, contrairement à la falsification de George Bush, qui dit que nous détestons la liberté. Si c'était le cas, qu'il explique pourquoi nous ne frappons pas, par exemple, la Suède ? »
« Non, nous combattons parce que nous sommes des hommes libres, qui ne peuvent dormir sous l'oppression. Nous voulons restaurer la liberté de notre nation »
Les manipulations américaines selon Ben Laden
Oussama Ben Laden estime que George Bush cache les raisons du 11 septembre, et ce, afin de tromper le peuple américain.
« Même si nous sommes dans la quatrième année après les évènements du 11 septembre, Bush continue la désinformation, et vous cache les causes réelles [des évènements du 11 septembre] […] C'était le message que je cherchais à vous faire comprendre en faits et gestes, de façon répétée, et ce, bien avant le 11 septembre. Et vous pouvez lire tout cela, si vous le souhaitez, dans mon interview avec Scott, dans le Time Magazine, en 1996, ou avec Peter Arnett, sur CNN, en 1997, ou lors de ma rencontre avec John Weiner, en 1998. […] Et vous pouvez lire mon interview avec Abdul Bari Atwan, et encore mes interviews avec Robert Fisk. »
Il considère la nouvelle guerre d'Irak de 2003, comme une tentative de George W. Bush de « supprimer un vieil agent Saddam Hussein, et de le remplacer par une nouvelle marionnette, qui permettra le pillage du pétrole d'Irak et d'autres outrages. »
Oussama Ben Laden n'a aucun lien prouvé avec Saddam Hussein bien que celui-ci lui a proposé l'asile en 1999[26]. Au contraire, il semblerait[27] que Ben Laden considérait Saddam Hussein comme un « socialiste » infidèle[28].
Les vidéos de Ben Laden
Depuis les attentats du 11 septembre 2001, Oussama Ben Laden s'est exprimé principalement par le biais d'enregistrements vidéos. Quatre de ces enregistrements ont été diffusés :
la première vidéo est datée du 9 novembre et est diffusée le 13 décembre 2001 dans laquelle Ben Laden assure que les destructions du 11 Septembre ont dépassé ses attentes.
la seconde est diffusée le 10 septembre 2003 : le chef d'Al-Qaida apparaît marchant avec Ayman Al-Zawahiri.
la troisième est diffusée le 29 octobre 2004 : quelques jours avant la présidentielle américaine, Al Jazeera diffuse une cassette dans laquelle Ben Laden menace les États-Unis de nouvelles attaques.
la dernière en date est diffusée le 7 septembre 2007 après avoir été découverte par le SITE Institute avant sa diffusion programmée par Al-Qaeda : annonce la défaite américaine en Irak et critique de toutes les forces politiques : « pour expliquer l'échec des démocrates à mettre fin à la guerre, je dis : ce sont les mêmes raisons qui ont empêché le président Kennedy d'arrêter la guerre du Vietnam. Ceux qui possèdent véritablement le pouvoir sont ceux qui ont le capital le plus important. Et puisque le système démocratique permet aux grandes entreprises de soutenir les candidats à la présidence, on ne peut s'étonner - et on ne s'étonne pas - de l'échec des démocrates à arrêter la guerre (…) Vous sacrifiez vos soldats aux grandes entreprises[29]. » Pour mettre fin à la guerre, il incite les Américains à s'islamiser : « le seul moyen d'obtenir la paix est de vous convertir à l'islam[30]». De très sérieux doutes ont été émis quant à l'origine de cet enregistrement, de nombreux observateurs ayant remarqué que l'image de Ben Laden est figée pendant la majeure partie de la vidéo. On y voit par ailleurs un Ben Laden à l'aspect physique différent.
Le mercredi 19 mars 2008 la presse se fait l'écho d'un message sonore de menaces accompagné d'une animation vidéo diffusée sur un site internet As-Sahab proche d'Al-Qaida et sur laquelle on voit une lance transperçant la carte de l'Europe où se répand le sangque. Selon la presse, Ben laden jugerait l'affaire des caricatures de Mahomet comme portant atteinte à l'Islam et il prédirait à mots voilés des attentats d'une grande envergure en adoptant des paroles énigmatiques tels que « N'écoutez pas nos paroles mais regardez nos actes » ou « la riposte sera ce que vous verrez et pas ce que vous entendrez" », Oussama Ben Laden veut marquer son retour et son désir de terroriser l'occident.
Actualité et rumeurs
Maladie ou décès de Oussama Ben Laden
Ben Laden souffrirait d'insuffisance rénale chronique nécessitant des traitements et serait sous dialyse. Selon d'autres sources, il n’est pas sous dialyse et ne souffre pas de problèmes de reins – c’est un mythe (Miniter, Disinformation, Regenery, pp. 33-38).
Le chef d'Al-Qaida a de nombreuses fois été annoncé mort. En janvier 2002, le président du Pakistan, Pervez Musharraf estimait que l'islamiste serait mort de déficience rénale. En juillet 2002 le chef du FBI Dale Watson pensait qu'il n'était « probablement plus de ce monde ». En décembre 2002, c'est le chef de la diplomatie pakistanaise, Khurshid Kasuri, qui affirme que Ben Laden avait succombé à la suite d'opérations militaires américaines.
Le 23 septembre 2006, le quotidien français L'Est républicain révèle l'existence d'une note classée confidentiel défense de la DGSE qui indique que les services secrets saoudiens seraient convaincus qu'Oussama Ben Laden serait mort le 23 août 2006 d'une crise de fièvre typhoïde. Le président Jacques Chirac, surpris de la divulgation de l'information, a déclaré que « cette information n'est en rien confirmée ».
Le 2 novembre 2007, Benazir Bhutto, feu candidate à la présidence du Pakistan, mentionnait dans une entrevue avec David Frost sur les ondes d'Al Jazeera English, le nom d'un homme «qui a tué Oussama Ben Laden"
mardi 13 mai 2008
DICTATURE EN RDC: CONGOLAIS PRENONS EN CONSIDERATION NOTRE PAYS
1885-1995 : De la colonisation à la dictature,
le Congo-Zaïre en coupe réglée
Depuis que le roi belge Léopold II (1835-1909) en fit une colonie privative saignée à blanc, les habitants du Congo paraissent voués à servir d’autres intérêts que les leurs. De Léopoldville à Kinshasa, leur histoire bégaie dans les intrigues nouées sans relâche dans des officines occidentales ou africaines qu’agitent des appétits économiques insatiables. De leur côté, qu’ils se revendiquent Zaïrois ou Congolais, ou même qu’ils soient suspectés de «nationalité douteuse» parce que rwandophones, ceux qui peuplent ce vaste territoire en forme de corne d’abondance, villageois et citadins n’ont cessé de s’entredéchirer, leurs idéaux d’indépendance se fracassant sur des querelles de clôtures animées par les tenants du pouvoir centralisé dans la lointaine capitale. Trahisons, meurtres, sécession, rébellions, répressions, massacres, mercenaires, casques bleus… déjà, de la «Table ronde» organisée à Bruxelles à l’heure de la décolonisation en 1960, jusqu’à la Conférence nationale de 1990-1993, le peuple congolais a vu lui échapper la souveraineté confisquée par Joseph Désiré Mobutu Sese Seko, trois décennies durant. Chronologie : première partie.
1885 : Appâté par les perspectives commerciales «illimitées» décrites par l’aventurier britannique Henri Morton Stanley, le roi Léopold II de Belgique se déclare souverain sur le territoire qu’il s’approprie sous le nom d’Etat indépendant du Congo.
1908 : Sous la pression de l’opinion internationale mise au fait de l’exploitation sanguinaire qu’il pratique dans ses possessions, Léopold II lâche ses territoires au profit de la Belgique. L’Etat indépendant du Congo est rebaptisé Congo belge.
1923 : La Société des Nations (SDN) ratifie le mandat confié à la Belgique sur le Ruanda-Urundi après la défaite allemande dans la Première Guerre mondiale.
1925 : L’administration du Ruanda-Urundi est rattachée à celle du Congo belge.
6 août 1945 : L’uranium qui a servi à la fabrication de la bombe nucléaire larguée par les Etats-Unis sur la ville japonaise Hiroshima provient du Congo belge.
4-7 janvier 1959 : A Léopoldville (aujourd’hui Kinshasa), la répression des premières émeutes anti-coloniales fait des centaines de morts.
13 janvier 1960 : La Belgique annonce des réformes destinées à conduire à l’indépendance.
20 janvier-20 février 1960 : Bruxelles convoque à une «Table ronde» les représentants des partis nationalistes actifs tout au long des années cinquante. Les discussions débouchent sur un calendrier électoral programmant l’indépendance.
11-25 mai 1960 : Les législatives sont remportées par le parti du très charismatique Patrice-Emery Lumumba, le Mouvement national congolais (MNC) fondé en 1956, qui réclame le droit de former le premier gouvernement indépendant. Dans la province minière du Katanga, Moïse Tshombe fait carton plein avec son parti Conakat dominé par sa communauté lunda.
Le Congo est indépendant, le Katanga fait sécession
30 juin 1960 : L’indépendance du Congo belge est proclamée. Elu par les sénateurs, le premier président de la République du Congo sera Joseph Kasa Vubu. Patrice Lumumba est nommé Premier ministre. La guerre civile commence. Le Conakat de Tshombe donne la chasse aux Kasaïens du Katanga.
5 juillet 1960: Les troupes congolaises de la Force publique belge se mutinent. Des dizaines de milliers de Belges fuient le pays.
8 juillet 1960 : Nommé chef d’état-major, Joseph-Désiré Mobutu entreprend l'africanisation de l'encadrement militaire.
11 juillet 1960 : Moïse Tshombe proclame la sécession du Katanga (au sud-est), avec l’appui de la Belgique et de l’Afrique du Sud. Ses «gendarmes katangais» entrent en scène.
13 juillet 1960 : Des troupes belges débarquent à Léopoldville (Kinshasa).
14 juillet 1960 : Sollicité par Kasa Vubu et Lumumba, le Conseil de sécurité des Nations unies appelle Bruxelles à se retirer et dépêche des casques bleus au Congo.
8/9 août 1960 : Fort de soutiens occidentaux et sud-africains, Albert Kalondji proclame l'Etat autonome du Sud-Kasaï diamantifère, frontalier du Katanga.
12-13 août 1960 : Le secrétaire général des Nations unies, Dag Hammarskjöld négocie avec Tshombe à Elisabethville (Lubumbashi) l’entrée de casques bleus au Katanga en échange du statu quo sécessionniste.
26 août 1960 : Un télégramme de la CIA rendu public depuis lors recommande la mise à l’écart de Lumumba, une «priorité» dans la stratégie américaine au Congo.
5 septembre 1960 : Soutenu par l’Onu et les Etats-Unis, Kasa Vubu destitue le Premier ministre Lumumba ainsi que six autres ministres et en appelle à Mobutu. Antoine Gizenga, compagnon de route de Lumumba, proclame une République populaire du Congo à Stanleyville (Kisangani).
11-12 septembre 1960 : Bruxelles monte l’opération Barracuda pour éliminer Patrice Lumumba.
14 septembre 1960 : Mobutu instaure un collège de commissaires généraux qui écarte le gouvernement de Joseph Iléo installé par Kasa Vubu à la place de Lumumba.
6 octobre 1960 : Lumumba doit être écarté de manière définitive, insiste le ministre belge des Affaires étrangères en charge des Affaires africaines, Harold d’Aspremont Lynden.
1er décembre 1960 : En fuite de son domicile où il a été mis aux arrêts le 10 octobre, Lumumba est arrêté dans le Kasaï et transféré au camp militaire de Thysville dans le Bas-Congo.
Lumumba assassiné, Mulele soulève les Maï-Maï, Mobutu prend le pouvoir
17 janvier 1961 : Patrice Lumumba est torturé et assassiné au Katanga par des policiers belges comme on l’apprendra en 2000.
18 septembre 1961 : Le secrétaire général de l’Onu, Dag Hammarskjöld est tué dans le crash de son avion sur le territoire de l’actuelle Zambie.
1962-1963 : L’Onu met fin à la rébellion de Gizenga à Stanleyville (Kisangani), dans l’Est.
17 janvier 1963 : Sous pression internationale, Moïse Tshombe accepte de renoncer à la sécession du Katanga en échange du maintien de son leadership politique sur la région où il a remporté les législatives de mai 1960.
Janvier 1964 : Pierre Mulele lance un soulèvement depuis son maquis du Kwilu actif dans l’Ouest depuis six mois. Hostiles à la politique de Kinshasa qu’ils estiment inspirée par les «Blancs», des milices tribales Maï-Maï s’organisent. Quelque mois plus tard, s’ouvre à l’Est le maquis de Gaston Soumialot auquel participera Laurent-Désiré Kabila ancré, lui, sur les rives du lac Tanganyika.
1er juillet 1964 : Le président Kasa Vubu en appelle à Moïse Tshombe pour tenter d'enrayer le soulèvement contre Kinshasa qui gagne du terrain.
24 novembre 1965 : Une intervention belgo-américaine composée de centaines de mercenaires appuie la reconquête par Mobutu des territoires conquis par les rebelles dans l’Est : Albertville (Kalemie), Stanleyville (Kisangani), Kindu, où l’Argentin Che Guevara et des combattants cubains se sont efforcés pendant quelques mois d’organiser les maquis de Soumialot et de Kabila avec le soutien notamment du président tanzanien, Julius Nyerere, mais aussi de combattants tutsi chassés du Rwanda par la «Révolution sociale» de 1959. A Léopoldville (Kinshasa), le général Mobutu prend le pouvoir, proclame la Deuxième République et suspend tous les partis.
Janvier 1966 : Léopoldville devient Kinshasa.
17 avril 1967 : Mobutu crée son parti-Etat, le Mouvement populaire de la Révolution (MPR), dont chaque Congolais devient membre dès sa naissance.
Octobre 1967: Piégé à Brazzaville, Pierre Mulele est livré à Kinshasa et torturé à mort.
Juin 1968 : En exil en Angola, les anciens partisans de la sécession du Katanga, parmi lesquels les «gendarmes katangais» créent un Front de libération national du Congo (FNLC).
Juin 1969 : Moïse Tshombe meurt en Algérie où il a été placé en résidence surveillée, en 1967, lorsque l'avion qui le transportait en exil en Espagne a été intercepté.
Authenticité et guerres du Shaba
Octobre 1971: Joseph-Désiré Mobutu décrète «l'authenticité». Il prend le nom de Mobutu Sese Seko kuku Ngbendu Wa za Banga et rebaptise le pays Zaïre.
8 mars 1977 : Le FNLC attaque le Katanga devenu Shaba. Mobutu en vient à bout avec le concours d’un corps expéditionnaire marocain et d’une aide logistique française.
Mai 1978 : Venus cette fois de Zambie, les ex-gendarmes katangais attaquent Kolwezi, au Shaba, où ils prennent des otages européens. L’intervention de parachutistes français et belges permet aux troupes zaïroises de reprendre la ville. Arrivée le mois suivant, une force panafricaine de maintien de la paix composée en majorité de Togolais restera un an au Shaba.
15 février 1982 : Nationaliste de la première heure, Etienne Tshisekedi se détache de Mobutu et fonde dans la clandestinité le premier parti d’opposition, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS).
Avril 1990 : Jean-de-Dieu Nguza Karl i Bond crée l’Union des fédéralistes et républicains indépendants (Uferi) dans le Shaba.
24 avril 1990 : Sous la pression d’un vaste mouvement populaire et dans la foulée du tournant démocratique qui semble se profiler en Afrique, Mobutu autorise le multipartisme. Confronté à des critiques internationales pour la faillite de l’économie et des infrastructures nationales, il accepte l’ouverture d’une Conférence nationale.
Nuit du 10 au 11 mai 1990: Le massacre de dizaines d’étudiants de l’université de Lubumbashi entraîne la rupture de la coopération belge. La Belgique, la France et les Etats-Unis restreignent l’accès des dignitaires zaïrois à leurs territoires.
19 mai 1991 : La Conférence nationale se déclare souveraine.
Septembre 1991 : La grogne des militaires en mal de soldes se traduit par 117 morts, des pillages et l’évacuation de plus de 9 000 expatriés dans tous le pays.
La Conférence nationale lance le bras de fer entre Mobutu et Tshisekedi
1er octobre 1991 : Nommé Premier ministre le 22 juillet par Mobutu, ce qu’il avait refusé à l'époque, Etienne Tshisekedi est cette fois élu par la Conférence nationale, ce qu’il accepte. Mobutu refuse. C’est le début d’un bras de fer.
23 octobre 1991 : Mobutu nomme Premier ministre Mungul Diaka auquel succède rapidement Nguz Karl I Bond.
22 janvier 1992 : Nguz Karl i Bond invoque une tentative de coup d’Etat pour mettre fin à la Conférence nationale souveraine (CNS).
16 février 1992 : 500 000 personnes participent à Kinshasa à une Marche des chrétiens qui réclame la poursuite de la CNS, avec l’appui des Eglises.
14 août 1992 : Alors que la CNS réitère la nomination du Kasaïen Etienne Tshisekedi comme Premier ministre de la transition, Nguz Karl i Bond lance ses milices de l’Uferi dans une chasse aux Baluba du Shaba, avec l’appui du gouverneur Kyungu wa Kumwanza. Accusés d’avoir monopolisé les meilleurs postes au Katanga, ils se replient par milliers au Kasaï.
Décembre 1992 : La CNS se referme sur un programme de mise en place d’institutions de transition chargées de conduire à des élections «libres et transparentes».
Janvier 1993 : A Kinshasa, Mobutu destitue une fois de plus Etienne Tshisekedi et nomme Faustin Birindwa Premier ministre. Une nouvelle grogne militaire fait des centaines de morts dans la capitale et provoque le départ de plus de 2 000 expatriés. Dans le Shaba, près de 100 000 Kasaïens fuient les milices de l’Uferi. Dans le Nord Kivu, des affrontements ethniques font près de 2 000 morts.
Janvier 1994 : 738 des 2 800 participants de la CNS forment un Haut conseil de la république/Parlement de transition (HCR/PT) présidé par l’archevêque de Kisangani, Mgr Laurent Monsengwo Pasinya. Ce Parlement de transition doit conduire d’ici le 9 juillet 1995 à des élections. Les dernières élections parlementaires ont eu lieu le 6 septembre 1987 et la dernière présidentielle remonte au 28 juillet 1984 qui avait vu la réélection du candidat unique, Mobutu (avec 99,16% des suffrages).
22 juin 1994 : La France installe au Kivu, à Goma, le QG de l’opération Turquoise dont bénéficieront certains artisans du génocide au Rwanda exfiltrés au Zaïre.
14-18 juillet 1994 : Plus d’un million de Rwandais se réfugient au Zaïre avec armes et bagages après la prise de Kigali par l’Armée patriotique rwandaise (APR) commandée par le général Paul Kagame.
10 août 1994 : Paris annonce la reprise de sa coopération avec le Zaïre.
19-24 août 1995 : Le gouvernement expulse quelque 13 000 réfugiés rwandais et burundais de l'est du Zaïre. L’opération de «rapatriement forcé» s’interrompt sur des négociations avec l’Onu, Mobutu exigeant le «rapatriement volontaire» de tous les réfugiés rwandais (au moins 1,2 million) avant le 31 décembre 1995.
Fin 1995 : La transition se lézarde, Tshisekedi s’opposant à Mgr Monsengwo, ce dernier est destitué dans la confusion et l’illégalité de la présidence du Parlement de transition, après la nomination de Kengo wa Dondo comme Premier ministre. Mobutu décrète la prolongation de la transition jusqu’en juillet 1997.
Deuxième partie : De Mobutu à Kabila, les deux guerres du Congo (1996-1998)
LES ENFANTS DE LA RUE



QU’EST-CE QUE LES ENFANTS DE LA RUE ?
Les recherches en sciences sociales qui ont été conduites ces dernières années auprès des enfants marginalisés, dans de nombreuses situations différentes à travers le monde, aboutissent à des conclusions précises, que l’on peut résumer ainsi :
1 - Il existe, dans tous les pays où la société a été plus ou moins déstructurée, une catégorie clairement identifiable d’enfants et de jeunes qui vivent, livrés à eux-mêmes, dans l’espace public des centres-villes, en rupture plus ou moins profonde avec ce que chaque société définit comme la situation normale pour un enfant. Depuis 1985, il a été convenu d’abandonner toute terminologie stigmatisante ("pré-délinquants" etc.) pour ne parler à leur propos que d’enfants "de la rue", expression qui se veut simplement descriptive de leurs conditions de vie. La caractéristique déterminante de ces enfants est de vivre en permanence dans les divers lieux publics, en particulier d’y dormir la nuit.
Les enfants de la rue ont pour ressources de petites activités (parfois assez rentables) comme la mendicité, la garde des voitures, le port des paquets, le vol, moins souvent la fouille des ordures, la prostitution... Malgré certains cas d’interférences, ils forment une population nettement différente des enfants dits "dans la rue", ceux qui ne sont dans les espaces publics que pour y travailler et qui continuent à vivre au sein de leur famille, dont ils sont souvent un soutien financier important.
2 - D’une ville à l’autre, d’un continent à l’autre, ces enfants, qui vivent dans des conditions de précarité similaires, présentent de nombreux traits psychologiques semblables, en particulier :
contraints à une logique de survie au jour le jour, ils ne vivent que dans l’instant, sans passé comme sans avenir, même immédiat ;
leur relation au monde est avant tout instrumentale : habitués à subir toutes les formes de mépris et d’exploitation, ils cherchent leur intérêt immédiat par n’importe quels moyens ;
toujours aux aguets, ils sont remarquablement vifs et perspicaces, prompts à s’adapter à tout (si, du moins, leur intelligence n’a pas été rongée par la drogue) ;
quel que soit leur âge, ils sont tous simultanément très mûrs et très enfantins ;
ils sont passionnément attachés à leur liberté et développent, pour la défendre, beaucoup d’énergie et de courage (par contre, la force de leurs liens de solidarité est très variable). Ce sont donc de fortes personnalités, mais qui restent aussi, quand ils peuvent le manifester, des enfants comme les autres.
3 - Ces enfants et ces jeunes, dont les âges s’échelonnent en général entre 8-10 ans (parfois beaucoup moins) et 18-20 ans (parfois un peu plus), ne sont jamais très nombreux (hormis quelques cas très exceptionnels) : ils sont le plus souvent quelques centaines, au plus quelques milliers dans les plus grandes métropoles. Les chiffres catastrophiques(en millions) lancés par les médias et certaines grandes organisations reposent sur des amalgames sans fondements solides, et sont dénués de toute crédibilité.
4 - Les études sur les causes du phénomène dans les diverses situations analysées jusqu’ici aboutissent pratiquement toutes à la même conclusion : ces enfants sont avant tout les victimes d’une défaillance de leur cellule familiale, volontaire (surtout par l’instabilité conjugale, exacerbée en milieu urbain, mais aussi, parfois, du fait de diverses croyances stigmatisant un enfant "portemalheur"...) ou non (orphelins, réfugiés des guerres ou des famines...), dont les raisons peuvent être très variées, dans les campagnes comme dans les villes.
Il ne s’agit pas d’un effet direct de la pauvreté (les familles aux limites de la survie restent souvent remarquablement solidaires), et les phénomènes de fuite des enfants peuvent toucher aussi des couches sociales relativement favorisées. Cependant, l’appauvrissement brutal d’une société peut provoquer son délitement rapide, dont les enfants en situation fragile seront les premières victimes. C’est ainsi que, dans les régions bien scolarisées, l’abandon de l’école, quand la famille ne peut plus en assumer les frais, est très souvent le déclic de la rupture avec la société.
5 - Ces enfants en rupture avec leurs proches sont donc tous en profonde carence affective, ce qui conditionne beaucoup de leurs comportements, aussi bien pour les risques de se réfugier dans la drogue que pour leur réponse face à une offre d’amitié sincère. Cette demande affective de l’enfant de la rue(quel que soit son âge) est en fait le seul véhicule possible par lequel les adultes peuvent renouer un lien avec lui, ce qui exige une approche fortement personnalisée.
6 - Dans la rue, l’enfant livré à lui-même évolue selon une "carrière" aux étapes franchies plus ou moins vite :
rupture avec la famille, progressive ou brutale selon les cas
découverte d’une nouvelle vie (angoissée ou -plutôt- amusée, ludique)
intériorisation et revendication de l’identité marginale, crânement assumée,
puis installation dans une routine où finit par s’engluer toute espérance de changer de vie.
Dans le monde de la rue, les rapports entre grands et petits sont avant tout d’exploitation, plus ou moins violente, seulement tempérée en échange"protection contre soumission" quand il y a structuration en bandes. En grandissant en force et en détermination, l’enfant maltraité par les grands deviendra maltraitant, le racketté deviendra racketteur, le violé violeur (forme extrême d’affirmation du pouvoir du plus fort, par l’appropriation du corps du plus faible).
Avec le temps, la marginalisation et la stigmatisation sociale s’accroissent, ainsi que les risques du passage à une délinquance de plus en plus grave, ou à la mort dans la rue. De nombreuses observations montre que, sauf exceptions, l’enfant de la rue ne revient pas tout seul à un mode de vie normal.
7 - L’observation des diverses situations montre que, laissé à lui-même, le monde des enfants de la rue évolue spontanément vers une aggravation de la situation. Plusieurs étapes se succèdent, que l’on ne voit jamais régresser spontanément :
a) Les débuts sont discrets : les catégories restent floues et les situations fluides. Ni l’opinion publique, ni les autorités, ni les enfants eux-mêmes n’ont conscience du phénomène.
b) La stabilisation signifie que le nombre des enfants est assez important pour que le problème soit identifié par tous. L’organisation collective ne dépasse pas le groupe instable de pairs. (C’est la situation la plus fréquente dans le monde.)
c) La structuration correspond à un durcissement des conditions de vie qui pousse les enfants à s’organiser en bandes pour assurer leur défense mutuelle, autour d’un leader qui sait s’imposer. Les bandes affichent leur identité par divers codes spécifiques, en particulier des rites d’entrée ; le pouvoir y est le plus souvent (mais pas toujours) le résultat du seul rapport de force ; l’enracinement territorial conduit à des guerres de frontières. En lui fournissant sécurité, entraide, identité, la bande offre à l’enfant un mode de survie acceptable, qui le rend moins demandeur de retour à la normale.
d) La féminisation du monde de la rue (surtout fréquente en Amérique latine, où le nombre de filles peut atteindre un quart des enfants de la rue) est significative d’une grave détérioration des conditions sociales générales, car, habituellement, les filles sont exploitées, mais pas abandonnées. Leur fuite vers la rue est le produit de situations familiales intolérables(en particulier du viol incestueux). Leurs conditions de vie dans la rue sont particulièrement dramatiques (la prostitution est en général systématique, supportée par le refuge dans la drogue) : en général, les bébés nés dans la rue ne survivent guère, leurs mères non plus.
e) La phase finale est la cristallisation du monde de la rue en véritable contre-société, en guerre avec le monde des adultes. La présence de filles nombreuses permet une certaine reproduction biologique ; les bandes sont toutes fortement délinquantes ; les relations avec la société ne sont régies que par la violence, dont le symbole est la "justice de la foule" qui brûle vifs les voleurs (ou présumés tels). De telles situations sont encore rares, mais elles sont l’aboutissement logique des situations de marginalité que l’on laisse s’enraciner et s’exacerber.
8 - Agir pour sortir les enfants de la rue est donc indispensable pour assurer à terme la sécurité publique. C’est possible du fait des faibles effectifs en jeu. C’est relativement facile du fait de la forte demande de retour à une vie normale des enfants en carence affective. Les méthodes existent, qui ont fait leurs preuves depuis longtemps : il faut d’abord rétablir une relation de confiance avec l’enfant, puis lui offrir une réinsertion sociale adaptée à son cas, toujours dans le respect de sa personnalité, de sa liberté et de sa culture. Ceci exige une approche personnalisée que seules peuvent faire des structures à échelle humaine.
Notons enfin que, contrairement à ce qu’affirme l’opinion commune, les plus âgés de la rue sont, en général, les plus faciles à resocialiser, car ils sont beaucoup plus conscients que les petits que la vie de la rue est une impasse. C’est même avec les plus délinquants que l’on assiste aux transformations les plus spectaculaires, quand, pour la première fois, ils rencontrent l’espoir de changer de vie.
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